Le lointain passé de Termes ( du latin terminus ) n’est guère connu. Quelques outils appartenant à l’ère paléolithique ont été retrouvés non loin du village et les objets néolithiques abondent dans la vallée de l’Arros. Il existe aussi d’importants vestiges gallo-romains entre Tasque et Termes.

Au XIème siècle, une motte castrale est édifiée à l’Est de l’actuelle agglomération, au lieu dit Monterran. Le donjon en bois fut par la suite remplacé par une chapelle, ce qui peut laisser supposer l’existence d’un village primitif à cet endroit.

Mais Termes n’entre véritablement dans l’Histoire qu’au XIVème siècle, le 13 juillet 1309 plus précisément, lorsque le comte d’Armagnac Bernard III charge Jean d’Armagnac Termes d’aller planter le pal symbolisant la protection comtale au centre de la future bastide de Plaisance.

Les origines de ce Jean d’Armagnac sont peu connues. Issu vraisemblablement d’une branche cadette de la puissante famille des Armagnacs, sa seigneurie se situait sur une position stratégique, en bordure du comté d’Armagnac. Face à Termes, à 35 kms à vol d’oiseau, le donjon de Montaner, édifié par le célèbre Gaston IV dit Phoebus, symbole de la puissance des comtes de Foix Béarn, ennemis irréductibles des Armagnacs.

En 1368, Jean III d’Armagnac Termes, chevalier banneret, a sous ses ordres dix chevaliers et cent vingt écuyers, ce qui est une force assez considérable pour l’époque.

En 1368, la période terrible de la Guerre de Cent Ans a déjà commencé, mais les Armagnacs ne feront véritablement parler d’eux qu’au tout début du XVème siècle, lorsque la folie du roi Charles VI, les débauches de la reine Isabeau et les luttes de pouvoir précipiteront la France dans le chaos..

Jean IV d’Armagnac Termes, fils de Jean III, eut pour enfant Géraud, l’aîné qui lui succéda à la tête de la seigneurie, puis Thibault et Renaud. Le début du XVème siècle voit se dérouler une lutte féroce entre Armagnacs et Bourguignons, tandis que la France est vendue à l’Anglais par le traité de Troyes et que les armées du royaume sont écrasées à Azincourt. Les trois fils furent de la partie et bataillèrent fermes contre les Anglais mais nul n’acquit plus de gloire que Thibault, le fils cadet, l’un des plus fidèles compagnons de Jeanne d’Arc.

Il est né en 1405, et à peine sorti de l’enfance, il part rejoindre les partisans de Charles VII qui combattent les anglos-bourguignons en Champagne et en Normandie. Dans leurs rangs, il retrouve beaucoup de ses compatriotes de Gascogne : Arnaud et Pons de Vergoignan, Odet de Rivière-Labatut, Bertrand de Toulouse, Géraud de la Paillère-Sarragachies et beaucoup d’autres…Le plus célèbre d’entre eux sera Arnaud Guilhem de Barbazan, déjà avant Bayard, le «  chevalier sans peur et sans reproche  », le plus fameux chevalier de son temps.

En 1429, il est dans Orléans assiégé par les Anglais, et c’est là qu’il rencontre Jeanne d’Arc, venue au secours de la ville. Comme tous les capitaines de cette époque, de La Hire à Gilles de Rais, en passant par Xaintrailles et bien d’autres, il sera très impressionné par la jeune fille, sa simplicité, son innocence et sa vaillance au combat. Il témoignera au procès de réhabilitation en 1455. Il accompagnera La Pucelle à Beaugency, à Patay, à Troyes et au sacre de Reims. A plus de cinquante ans, il guerroye encore contre l’Anglais. A sa mort, il sera grand bailli de Chartres et du pays chartrain.

De cette illustre famille, il ne restera plus en 1501 qu’une fille prénommée Anne ou Agnès. Elle épousera un seigneur de Camicas, Jean de Vilhères, chambellan et conseiller du roi. Ces Vilhères reprirent le nom d’Armagnac-Termes jusqu’en 1730, époque à laquelle la seigneurie passe aux mains des Lasseran, puis par acquisition, dans celle des Labarthe-Mondeau, qui s’intitulèrent comtes de Termes.

Lors de la Révolution, le comte de Labarthe, ardent royaliste émigrera avec ses deux frères, mais sera tué lors du débarquement de Quiberon. Le château, vendu comme bien national, sera acquis par un notaire de Nogaro qui le démembrera et dispersera les terres. Le château délabré fut à nouveau vendu à un propriétaire très riche qui y dissimula son magot. Son seul plaisir était de se repaître de la vue de son trésor, mais il mourut subitement, emportant son secret dans la tombe. Ses héritiers démolirent et fouillèrent partout, mais l’or resta introuvable. En 1850, ce qui restait fut abattu. Seul le donjon avait échappé aux démolisseurs…

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