Du château de Termes, il ne reste plus aujourd’hui que le donjon et la façade nord. Des dessins du XIXème siècle et un relevé de l’architecte Bénouville de 1857 permettent de reconstituer l’ensemble. Sa construction date de fin XIIIème à début XIVème siècle.

Du XIIIème siècle, il a hérité de la sévérité et de l’austérité des murailles, impression renforcée par la rareté des ouvertures. En revanche, sa masse imposante et sa défense uniquement somnitale annoncent les donjons du XIVème siècle. Le début du XIVème siècle est marqué par l’absence de machicoulis maçonnés continus, par contre très répandus à la fin du siècle comme au donjon de Bassoues.

Une lithographie (remerciements à Fabienne ABADIE) nous présentant le monument au XIXème siècle

Le nom de Termes d’Armagnac apparaît pour la première fois le 13 juillet 1309 lorsque le comte d’Armagnac, Bernard III, charge Jean d’Armagnac Termes de planter le pal symbolisant la protection comtale au centre de la nouvelle bastide de Plaisance.

Auparavant, dès le XIème siècle (du bas Moyen-Age), une importante double motte castrale est édifiée à l’est de l’actuelle agglomération, au lieu-dit Monterran. La tour de bois jouxte la chapelle Saint-Barthélémy située sur une seconde motte. Cette dernière à été détruite à la Révolution et son statut d’église paroissiale laisse à penser qu’il y existait un bourg primitif.

Si les détails en sont encore peu connus, de rares témoignages archéologiques militent pour l’ancienneté de l’occupation humaine sur ce site de confluence depuis la préhistoire. Ces vestiges deviennent plus évidents dans toute la région avec l’époque romaine.

La masse de 36 m de haut de la tour de Termes, au pied de laquelle se situe le village actuel, constitue l’un des plus remarquables exemples de l’architecture militaire gasconne de la fin du XIIIème siècle, début du XIVème siècle.

A l’origine ce fut un château aux dimensions exceptionnelles, qui fut construit. Il ne reste plus que la tour maîtresse. Le donjon mesure à la base 10,50 m et sa hauteur peut être évaluée à 36 m. Les murs mesurent 2,10 m d’épaisseur à la base et 1,15 m au sommet. La stabilité est assurée par l’importante épaisseur du mur qui extérieurement subit deux retraits : l’un de 2,50 m de hauteur, l’autre à 2 m. Il comprenait six niveaux intérieurs.

Termes est un exemple de ces nombreux châteaux qui en Gascogne, se composent d’un corps de logis jouxté d’une puissante tour. Il est orienté Est-Ouest. Sur la façade Est vient se loger le corps de logis dont il ne reste que la courtine Nord.

L’histoire du château de Termes est dominée par la personnalité d’un hôte prestigieux, Thibault de Termes, compagnon d’armes de Jeanne d’Arc, fis de Jean IV d’Armagnac-Termes.

Né en 1405, Thibault part très jeune rejoindre les partisans du roi Charles VII.

Le 28 octobre 1422, il entre dans Orléans assiégé par les anglais et y rencontre Jeanne d’Arc. Impressionné par la jeune fille, sa foi, sa simplicité et sa vaillance qui valait celle du capitaine le plus expérimenté, il l’accompagne à Beaugency, Patay, Troyes et jusqu’au sacre de Reims. Il lui sera fidèle jusqu’à la fin (1431) et témoignera en 1453 à son procès en réhabilitation.

A sa mort il occupait la charge importante de Grand Bailli de Chartres et du Pays Chartrain.

Le château reste dans la famille des Armagnac-Termes jusqu’à la révolution française. C’est alors qu’il est vendu comme bien national et passera entre les mains de plusieurs propriétaire jusqu’en 1960 où il sera acheté par la commune.

Le bâtiment principal ayant été démoli, ce qu’il en restait servit de carrière de pierres pour la construction de la ligne de chemin de fer reliant Port Saint Marie à Riscle. Le donjon, quant à lui, devenait le refuge du lierre, des ronces et autres mauvaises herbes, et ce jusque dans les années 1960 où il sera racheté par la commune de Termes grâce à son maire, Monsieur Boingnères. Sous l’impulsion de Monsieur Bentegeac, Président de l’Association du Pays vert de d’Artagnan, le donjon sera restauré afin d’être transformé en musée.

Le donjon est actuellement géré par l’Académie médiévale et populaire de Termes d’Armagnac.